RT 2020 : comprendre le dispositif avant son entrée en vigueur

Les réglementations sur le gaz naturel ne cessent d'évoluer, visant l'optimisation constante des performances. La réglementation thermique, abrégée RT, fait partie de ces textes de référence. Après de nombreuses refontes des précédentes versions, la RT 2020 sera bientôt en vigueur. On sait déjà qu'elle fera la part belle à la maison positive. Mais concrètement, de quoi s'agit-il ? Comment s'y conformer ? La marque Gaz Tarif Réglementé répond à vos questions.

 

RT 2020 : comprendre le dispositif avant son entrée en vigueur RT 2020 : comprendre le dispositif avant son entrée en vigueur

 

Qu'est-ce que la RT 2020 ? 

En France, 40 % de la consommation énergétique globale est issue des bâtiments. Ces constructions sont par ailleurs à l'origine de 40 % des émissions de carbone à l'état gazeux(1). Ce sont ces chiffres alarmants qui ont conduit à l'adoption de normes strictes. La première version de la RT a ainsi été instaurée en 1974 tandis que celle applicable actuellement est connue sous le nom de RT 2012.  

La réglementation thermique 2020 est la dernière évolution en date de cette succession de normes régissant les nouvelles constructions. Elle s'articule principalement autour des bâtiments à énergie passive ou à énergie positive. L'entrée en vigueur de la RT 2020 est prévue pour la fin de l'année 2020, quoique son application aux constructions de bâtiments publics prend en 2018. Le dispositif a pour objectif de limiter considérablement la consommation énergétique en plus de réduire l'émission de CO₂.

 

 

Qu'est ce qui va changer ? 

La RT 2012 constitue la base de la nouvelle réglementation. Néanmoins, le niveau d'exigence se veut plus élevé. Avec la réglementation thermique 2020, on ne vise plus seulement une réduction de la consommation énergétique. L'objectif premier de la RT 2020 est en effet de favoriser une production énergétique supérieure à la consommation au sein des nouvelles constructions. Le concept se base donc sur les BePOS, bâtiments à énergie positive.  

Des chiffres précis ont d'ailleurs été communiqués, simplifiant la future application des normes à venir. Ainsi, le chauffage devra consommer un maximum de 12 kWhep/m²/an(2). Cela passe par la qualité de l'isolation mais aussi par les performances du système de ventilation. En parallèle, les postes exploitant des sources énergétiques primaires comme le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire totaliseront impérativement une consommation annuelle maximale de 100 kWh/m²(2). L'accent est mis sur le bilan énergétique qui doit être passif ou positif.  

  • Dans le premier cas, les énergies renouvelables permettent de couvrir la totalité des besoins énergétiques du logement.
  • Dans le second cas, la production énergétique de la construction dépasse la consommation réelle. Le surplus est automatiquement réinjecté sur le réseau local. 

Dès lors que l'on parle d'autoconsommation, le choix des matériaux de construction est déterminant. Le bloc béton en pierre ponce, le bois et la brique en terre crue ou cuite constituent les matériaux de référence pour l'ossature de chaque bâtiment à édifier. L'isolation sera assurée par des matériaux écologiques comme le feutre de laine de mouton et le chanvre. Les nouvelles constructions devront aussi être capables de produire des ressources énergétiques. Les dispositifs de récupération d'eau de pluie, l'amélioration de l'isolation thermique, la réduction des déperditions de chaleur... complètent les solutions à adopter pour se conformer à cette nouvelle réglementation thermique. 

L'association Effinergie prend part à l'anticipation de la mise en œuvre de la réglementation thermique 2020. Elle propose aux différents acteurs du bâtiment un label-pilote baptisé Bepos Effinergie 2013. Ce label est décerné aux logements collectifs et individuels, de même qu'aux bâtiments à usage non-résidentiel dont les performances sont conformes aux futures exigences de la RT 2020 ou s'en rapprochent considérablement. Les organismes tels Certivea, Cequami, Prestaterre et Cerqual sont habilités à délivrer le label Bepos Effinergie 2013. De plus amples détails sont accessibles sur le site https://www.effinergie.org/web/les-labels-effinergie/bepos-effinergie

 

Quelles différences avec les autres normes ? 

La RT 2012 qui est en vigueur se focalise principalement sur les performances thermiques et la qualité d'isolation des bâtiments. Ces éléments constituent ainsi les bases du DPE, diagnostic de performance énergétique. La différence majeure entre les deux versions successives repose sur le type de constructions qu'elles impliquent. Alors que la RT 2012 prône la construction de BBC (bâtiment de basse consommation), la RT 2020 exige la construction de BEPOS (bâtiment à énergie positive). 

L'objectif connaît aussi un changement capital. Si la réglementation thermique 2012 prévoit la réduction de la consommation énergétique, la RT 2020 s'articule autour de la suppression de toute forme de gaspillage énergétique

La réglementation thermique qui sera en vigueur sous peu va plus loin encore en tenant compte de l'empreinte environnementale de la construction concernée. Chaque détail a son importance, ce qui va du processus de fabrication des équipements fonctionnant au gaz naturel au cycle de vie des matériaux de construction utilisés. La protection de l'environnement reste l'enjeu majeur des normes de construction. 

Comme évoqué précédemment, le choix des matériaux est strictement limité à des options écologiques : ouate de cellulose, bois, liège, etc. Il se conjugue à une attention particulière portée sur le bien-être des occupants, notamment en matière de confort acoustique et en ce qui concerne la qualité de l'air circulant dans le logement.  

Avec l'entrée en vigueur de la RT 2020, les Français passeront progressivement du statut de consommateur à celui de producteur. Ce sera possible grâce à l'autoproduction de certaines ressources énergétiques indispensables au foyer. 

Les étiquettes énergétiques applicables aux bâtiments permettent d'illustrer les différences de manière plus concrète. À titre de rappel, ces étiquettes se rapportent aux consommations énergétiques suivantes : 

  • Bepos - RT 2020 : inférieur à 0 kWh/m²/an ;
  • maison passive : inférieur à 15 kWh/m²/an ;
  • bâtiment de classe A (BBC conforme à la RT 2012) : inférieur à 50 kWh/m²/an ;
  • bâtiment de classe B (conforme à la RT 2005) : entre 51 et 90 kWh/m²/an ;
  • bâtiment de classe C (conforme à la RT 2000) : de 91 à 150 kWh/m²/an ;
  • bâtiment de classe D (conforme à la RT 1988) : de 151 à 230 kWh/m²/an ;
  • bâtiment de classe E (conforme à la RT 1982) : de 231 à 330 kWh/m²/an ;
  • bâtiment de classe F (conforme à la RT 1974) : de 331 à 450 kWh/m²/an ;
  • bâtiment de classe G, considéré comme "épave thermique" : supérieur à 450 kWh/m²/an.

Ces chiffres(3) parlent d'eux-mêmes, confirmant la pertinence de faire évoluer régulièrement la réglementation thermique.     

Le saviez-vous ?

Une RT 2015 était prévue avant la RT 2020. Néanmoins, les exigences paraissaient trop complexes, voire irréalisables. La RT 2012 a donc été maintenue en place. Certains ajustements ont été opérés en vue de simplifier le respect des normes au sein des constructions considérées comme atypiques.

1 http://www.e-rt2020.fr/explications/qu-est-ce-que-la-rt2020/

2 https://www.lenergietoutcompris.fr/actualites-et-informations/politique-energetique/normes-rt-2020-qu-est-ce-qui-va-changer-47894

3 https://www.cozynergy.com/rt2012-rt2020/