Pollution intérieure : les bons gestes à adopter

Si l’on entend beaucoup parler de la pollution extérieure, il ne faut pas oublier qu’il existe également une pollution de l’air intérieur. Tout aussi nuisible pour les organismes, elle peut toutefois être combattue avec des principes simples (aération, ventilation...). Mode d'emploi.

Pollution intérieure : les bons gestes à adopter Pollution intérieure : les bons gestes à adopter

La pollution intérieure : qu’est-ce que c’est exactement ?

Tout le monde connaît ou a entendu parler de la pollution extérieure, les pots d’échappement, les gaz à effet de serre, les déchets… Si l’enjeu se révèle mondial, la pollution de l’air intérieur est, elle, beaucoup plus locale. Selon l’ADEME, nous passons 80% de notre temps dans des lieux fermés où l’air n’est pas forcément plus sain qu’à l’extérieur(1).

Entre une ventilation déficiente, les vernis et peintures des meubles, l’humidité, les produits ménagers, les appareils de chauffage… les polluants se diffusent également. Mais pas de panique, il existe des astuces pour minimiser les risques et se protéger.

 

Les différents types de polluants de l’air intérieur

En matière de pollution intérieure, il existe plusieurs sortes de polluants qui se promènent à l’air libre dans les logements.

Les polluants les plus courants : les chimiques

Le premier d’entre eux est très connu, c’est le monoxyde de carbone ou CO2. Si le détecteur de fumée est obligatoire dans les logements depuis 2015, ce n’est pas le cas pour le détecteur de CO2. Mais rien ne vous empêche d’en installer un. Le CO2 est un gaz incolore, inodore et qui présente des risques à forte concentration. Il provient des appareils de chauffage ou de production d’eau chaude à combustion mal entretenus. D’où l’importance de ne pas laisser filer les dates de rendez-vous pour l’entretien des chaudières avec un professionnel agréé certifié RGE.

Les polluants issus d’organismes vivants : les biologiques

Animaux, végétaux, mais aussi moisissures font partie des organismes vivants. Les polluants de cette catégorie sont les agents infectieux tels que les bactéries (légionelles, virus, toxines). Ils trouvent leur origine au cours des maladies contagieuses des habitants ou bien dans les équipements de production d’eau chaude, les ventilations, les climatisations mal entretenues. Quant aux allergènes, ils proviennent en général des animaux, des plantes, des insectes ou des acariens. Là encore, ils se développent dans une atmosphère humide et chaude.

Les particules et les fibres

La poussière, parfois invisible à l’œil nu, se compose pourtant de multiples particules (fumées, pollens, spores…) et fibres (cellulose, chanvre, laine de verre…).

 

Les gestes à adopter pour couper court à la pollution intérieure

Aération et ventilation

L’air doit pouvoir circuler naturellement dans votre logement, mais parfois il a besoin d’un petit coup de pouce. Sans VMC, pensez aux petites astuces comme :

  • aérer quotidiennement toutes les pièces d’un logement ;
  • établir un espace d’environ 2 cm sous les portes intérieures ;
  • ne pas condamner une bouche d’extraction ou une entrée d’air, et les nettoyer ;
  • ouvrir les fenêtres au moment d’activités "à risques", comme le bricolage, le ménage, la préparation des repas, la lessive… 

Si vous avez une VMC (ventilation mécanique contrôlée), veillez à :

  • ne jamais l’éteindre ;
  • augmenter son débit au moment de la cuisson des aliments ;
  • vérifier régulièrement qu’elle fonctionne : nettoyer quatre fois par an ses bouches d’extraction et de soufflage, faire intervenir un professionnel pour son entretien tous les trois ans et changer une à deux fois dans l’année les filtres d’insufflation et d’extraction (ceci ne concerne que les VMC double-flux).

Évacuation de l’humidité excessive

Un bon taux d’humidité, selon l’ADEME, est compris entre 40 et 60%(1). Et la température idéale entre 18 et 22°C(1). Pour maintenir ce bon équilibre, il peut être nécessaire de ventiler la pièce où votre linge sèche, ou l’installer à l’extérieur. N'oubliez pas d'aérer au moment des activités produisant de l’humidité, comme le bain, la lessive, la cuisson, mais également après. Vous pouvez également poser un couvercle sur les casseroles pendant la cuisson et allumer la hotte si vous en possédez une.

Surveillance des appareils à combustion

Les appareils dits à combustion sont tous ces appareils qui permettent de produire du chauffage, qu’ils soient au gaz naturel, au bois ou qu'ils utilisent un autre combustible. Les premiers produisent, lorsqu’ils sont utilisés de façon continue, du monoxyde de carbone et des particules non brûlées. Bien les entretenir et en faire bon usage sont essentiels :

  • n’acheter que des combustibles de qualité, c’est-à-dire ceux portant la marque "NF bois de chauffage" ou "France Bois Bûche", ou des granulés de bois labellisés "DIN plus" ou "EN plus";
  • ne pas faire confiance au bois récupéré par-ci par-là, car il est souvent traité, peint ou humide ;
  • faire ramoner les conduits de fumée au moins une fois par an, comme la loi vous y oblige et auprès de professionnels qualifiés certifiés RGE.

Il est également possible de bénéficier d’un diagnostic sécurité gaz pour contrôler vos installations au gaz naturel. 

Les plantes sont-elles vraiment efficaces contre la pollution intérieure ?

Aucune étude scientifique n’a encore clairement démontré que les plantes pouvaient être un frein à la pollution de l’air intérieur de votre logement. Elles sont d’ailleurs à installer avec précaution dans vos habitats, car elles peuvent nuire aux personnes allergiques ou sensibles.

(1)https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-un-air-sain-chez-soi.pdf